La gratuité des transports scolaires est une UMPosture
En effet, comment faire croire aux contribuables et aux consommateurs qui payent la T.V.A. qu’un service public est gratuit ? C’est un leurre, toute dépense publique doit trouver son financement, or le financement de cette promesse serait bien supérieur à 15 millions d’euro (qui ne représentent que 119 €/élève et par an).
Les transports scolaires sont assurés par les collectivités territoriales qui organisent et subventionnent ce service à des degrés différents selon leurs priorités. Si le Conseil Régional venait à financer l’ensemble des réseaux de transport scolaire, il supprimerait mécaniquement cette compétence aux collectivités concernées (pourquoi financeraient-elles un service que la Région « offre »?). Ainsi le Conseil Régional devrait supporter la totalité du coût. Si on considère tous les élèves transportés en Maine-et-Loire, 15 millions d’euros n’y suffiraient pas ; alors pour cinq départements…
Au-delà de l’augmentation de la dette qu’elle engendrerait, cette mesure désengagerait les collectivités territoriales dans l’organisation des transports, alors que celles-ci sont le niveau décisionnaire le plus adapté à cette mission de service public de proximité : elles mutualisent les moyens entre le transport des élèves et leurs réseaux de transports en commun ; diminuant ainsi les coûts.
Enfin, la gratuité du transport scolaire creuserait les inégalités : les élèves des établissements professionnels ruraux qui ne sont pas desservis par les réseaux de bus scolaires seraient encore plus défavorisés.
Ce n’est donc pas le pouvoir d’achat qui augmentera, mais la dette ; or il est devenu urgent, voir vital, qu’à l’heure où l’Etat précarise les ressources des collectivités locales, que celles-ci maîtrisent leurs dépenses, pour ne pas hypothéquer notre avenir et celui de nos enfants. Les décideurs doivent cesser les promesses démagogiques, car les fonds publics sont notre patrimoine commun et les déficits publics finiront, à court ou moyen terme, par être une charge supplémentaire pour les Français.